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Liévin
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LA SCIENCE AVANCE

Messagepar Liévin » 18 mars 2006, 09:08

L'Express du 16/03/2006
Sclérose en plaques
La science avance

par Estelle Saget

Les recherches sur cette atteinte du cerveau qui entraîne de lourds handicaps ouvrent des perspectives prometteuses. Avec l'espoir d'enrayer le mal et même, un jour, grâce aux cellules souches, de le guérir


Elle a mauvaise réputation. La sclérose en plaques passe pour une maladie sournoise, car elle frappe des individus jeunes sans rien laisser présager de l'évolution du mal. En France, environ 60 000 personnes sont concernées. Si les causes de cette atteinte du cerveau restent mystérieuses, la quête d'un traitement efficace progresse pourtant à pas de géant. Il y a seulement dix ans, les médecins n'avaient rien à proposer aux patients, dont la seule perspective était de passer de la canne au fauteuil roulant. Aujourd'hui, les neurologues peuvent jongler entre plusieurs types de médicaments pour tenter de ralentir la progression du handicap. De nombreuses molécules sont en cours d'évaluation. Près d'une quarantaine d'essais cliniques se déroulent en ce moment à travers le monde. Avec, en ligne d'horizon pour les chercheurs, les perspectives ouvertes par les cellules souches.



L'Express est de nouveau partenaire de la campagne nationale du Neurodon. Cette opération vise à recueillir des fonds destinés à la recherche sur le cerveau. Depuis sa création, il y a six ans, 90 équipes ont pu bénéficier de ces financements, pour un montant total de 2,4 millions d'euros. Jusqu'au 19 mars, de nombreuses manifestations sont organisées dans différentes villes en France. La liste est disponible au 0-826-10-35-35. L'Express s'engage à reverser à la Fédération pour la recherche sur le cerveau 1 euro par exemplaire vendu dans le réseau Relay.

La sclérose en plaques répond à une définition biologique. Il s'agit d'un dérèglement du système de défense de l'organisme qui se trompe de cible et attaque ses propres cellules, en l'occurrence les neurones. La perception de la pathologie par les patients est forcément plus terre à terre. «Le matin, quand je réussis à attacher mes lacets et à boire mon café sans l'avaler de travers, c'est le bonheur», résume Annie, 42 ans, qui tient la maladie en respect depuis dix-huit années. Son handicap est modéré. Dans son pavillon de Saint-Mandé (Val-de-Marne), elle se déplace sans aide, même si elle se méfie de sa jambe gauche, qui reste souvent à la traîne. D'un malade à l'autre, les lésions se produisent dans des zones différentes du cerveau. D'où des symptômes variables, comme les troubles de la marche, de l'équilibre ou de la vue. Mais l'évolution est généralement la même, avec une augmentation de l'invalidité par paliers. Les périodes de rémission alternent en effet avec les épisodes aigus, durant lesquels tous les signes sont exacerbés. Au bout de dix à quinze années, certains patients entrent dans une phase plus sévère de la maladie, qualifiée de «progressive», car son cours devient alors linéaire.


Annie est bien placée pour parler de cette période charnière où la maladie commence à dicter sa loi. En 1997, la sclérose ne lui a plus laissé aucun répit. Epuisée, elle devait accompagner ses enfants à l'école en fauteuil électrique. C'est alors que la neurologue lui a proposé de tester un médicament utilisé jusqu'ici dans les cancers du sang et du sein. Annie a commencé par pleurer comme une fontaine, partagée entre l'espoir de remarcher normalement et la peur d'être déçue. Les risques de leucémie, de complication cardiaque? Peu importe! «Mon état ne cessait de se dégrader, raconte-t-elle. Je n'avais rien à perdre.» Annie a donc signé pour la Mitoxantrone. La puissante molécule appartient à la famille des immunosuppresseurs, qui anéantissent la principale catégorie de globules blancs, les lymphocytes. Un traitement de choc. Le protocole a d'ailleurs dû être interrompu avant la fin, car le cœur d'Annie s'engorgeait dangereusement. Moins d'un an plus tard, cette femme, qui se décrivait, à l'époque, comme un «pantin désarticulé», avait retrouvé la maîtrise de ses gestes et sa liberté de mouvement. En 2003, la Mitoxantrone a reçu son autorisation de mise sur le marché (AMM) dans les formes agressives de sclérose en plaques.

Une prédisposition génétique

Aujourd'hui, c'est un autre médicament qui suscite à la fois espoirs et controverses. Son nom? Le Tysabri. Il n'est pas encore disponible en Europe, mais s'est déjà taillé une réputation chez les malades par le bouche-à-oreille. La molécule diminue de 70% la fréquence des poussées, ces épisodes aigus de la sclérose. Deux fois mieux que les traitements existants, les interférons! Son mode d'action, d'ailleurs, est tout à fait original. Les interférons modifient seulement la répartition des différentes populations de lymphocytes. Le Tysabri, lui, les empêche carrément d'entrer dans le cerveau. Commercialisé en décembre 2004 aux Etats-Unis, cet anticorps monoclonal a pourtant été retiré précipitamment du marché trois mois plus tard. Deux patients - dont l'un est décédé - avaient en effet déclaré une grave complication. L'autorisation du Tysabri est aujourd'hui suspendue à une réévaluation de son dossier.


Ce médicament, toutefois, ne présente aucun intérêt pour les malades passés à la forme progressive de la sclérose. Assis dans un fauteuil roulant, Hervé est précisément dans cette situation. Attentif à toutes les annonces scientifiques, cet homme de 47 ans se dit «prêt à prendre beaucoup de risques, tous les risques même, pour enrayer la déchéance physique». Déjà, en 1996, il s'était rendu à l'étranger pour acheter clandestinement de la cladribine, un anticancéreux qui faisait l'objet d'un essai en Amérique du Nord chez des malades dans son cas. Mais cette expérimentation sauvage n'a pas amélioré son état. Ni celui des sujets dûment encadrés par les chercheurs américains. Dernièrement, Hervé a testé un autre immunosuppresseur, l'Endoxan. Au grand jour, cette fois. Dans cette étude française, le traitement s'est montré efficace pour une seule catégorie de patients, ceux entrés tout récemment dans la phase progressive. Ce n'est pas le cas d'Hervé. Alors il se projette dans l'avenir, le jour où les cellules souches permettront, peut-être, de réparer les dégâts occasionnés aux cerveaux des patients.


Dans les laboratoires, les chercheurs tentent pour l'instant de démonter dans ses moindres détails le mécanisme de l'agression des neurones. La maladie s'attaque en fait à l'axone, la fibre qui conduit l'influx nerveux, et plus précisément à la gaine qui l'entoure. Une fois mis à nu, l'axone est progressivement détruit, ce qui entraîne au final la mort du neurone. «Or nous savons aujourd'hui que le système nerveux est capable de fabriquer spontanément une nouvelle gaine de myéline», souligne le Pr Catherine Lubetzki, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Comment exploiter ce phénomène? La première piste consiste à le renforcer, en utilisant par exemple des facteurs de croissance. La seconde option serait de le reproduire artificiellement, en injectant à l'intérieur du cerveau des cellules souches. Celles-ci deviendraient alors des cellules aptes à produire de la myéline. Des expériences sont actuellement menées chez l'animal pour tester ce principe.


Et si les scientifiques tentaient un jour de prévenir la sclérose, plutôt que de la guérir? La perspective est séduisante, même si les origines du mal résistent à l'analyse. Les infections virales de l'enfance sont, par exemple, l'un des facteurs incriminés. Impossible, pourtant, d'identifier précisément le coupable! Tous les microbes soupçonnés, comme ceux de la rougeole et de l'herpès, ont été innocentés les uns après les autres. «La maladie pourrait se déclarer à la suite d'une succession d'agressions virales, et non de l'attaque d'un virus en particulier, avance le Pr Lubetzki. Quant au vaccin contre l'hépatite B, lui aussi suspecté, les données actuelles ne permettent pas d'établir un lien avec la survenue de la maladie.» En revanche, l'existence d'une prédisposition génétique est bel et bien prouvée. Martine, 47 ans, est ainsi le troisième cas déclaré de sa famille, avec sa grand-mère et sa sœur aînée. Elle a convaincu la fratrie de subir une prise de sang pour alimenter une banque d'ADN créée par le Pr Bertrand Fontaine, de la Pitié-Salpêtrière. «J'ai sept neveux et nièces, qui ont eux-mêmes déjà trois enfants, explique Martine. Si la recherche doit progresser, c'est d'abord pour les générations qui suivent.»

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christian
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Messagepar christian » 18 mars 2006, 11:42

Merci pour cet article plein d'espoir.
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sylvie
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Messagepar sylvie » 18 mars 2006, 12:55

Merci beaucoup, on croise les doigts pour que la recherche avance encore et trouve enfin le pourquoi du comment et puisse nous soigner :lol:

Invité

Messagepar Invité » 18 mars 2006, 16:40

:merci Gaston, trés intéressant, j'ai pas aimé "les malades entrent souvent dans une phase progressive après 15 ans de maladie" .... je suis dans ma 10ème année, et forcément, c'est déjà moins bien qu'au début .....les poussées laissent des séquelles et je vieilli aussi !!!
Alors, tous nos espoirs dans la recherche........


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